dimanche 24 juillet 2011

23 juillet


Aujourd'hui c'est le week-end ! Je me suis levée à 7h45, parfaitement reposée. La nuit de 4h d'hier n'a pas l'air de m'avoir réellement affectée.
Dehors, il tombe des cordes. Je m'habille vite, en essayant de ne pas me gratter malgré des démangeaisons insupportables. Dans la cuisine, tout le monde est déjà debout. Je fais bouillir de l'eau et, en attendant, fais griller du pain dans le wok.
Anaïs a son bateau ce matin à 9h, mais à 8h15, elle n'est toujours pas passée prendre ses affaires... Peut-être a-t-elle changé ses plans.
Je fais la vaisselle en attendant que Gaël et Elisabeth arrivent, puis vais assister aux soins vétérinaires. Comme ils partent tous les deux par le bateau de demain matin, il faut absolument qu'ils enlèvent les points du saimiri, en espérant que sa plaie soit suffisamment cicatrisée...
Le soigneur maintient le minuscule petit singe entre ses mains pendant que Gaël l'examine. Sur la dizaine de points que Milagros avait fait, il n'en reste que deux, que Gaël coupe rapidement avant de désinfecter la plaie. Celle-ci est propre et je traduis aux soigneurs que le singe devrait être guéri dans les deux jours.
Cela fait, nous retournons tous dans la cuisine pour traduire le diaporama que Gaël et Elisabeth feront ce soir pour sensibiliser la population à la gestion et la prévention de la peste du poulet. En espérant que la projection ne durera pas trop longtemps, que Gaël puisse nous faire les crêpes de sa Bretagne natale, Elisabeth n'ayant pas le matériel pour nous faire une choucroute de son Alsace.
Pendant qu'Adeline, Justine et Elisabeth se concentrent sur le travail, Maxime explique à Gaël comment on peut reconnaître un vrai billet d'un faux, avec illustration à l'appui puisque personne ne veut d'un de ses billets de 50 sols.
Le diaporama traduit, Justine se lève en annonçant qu'elle va s'occuper d'Ikam. Ce bébé singe est tout seul dans une cage car il a trop peur des autres et, en le socialisant fortement avec une humaine qui fera office de mère, on pourra petit à petit l'amener à se resocialiser dans un groupe.
J'éteins mon ordinateur et la suit pour prendre des notes sur ce qu'il se passe. Je compte prendre des notes sur l'évolution du lien qui va se former entre elle et le bébé singe. Grâce à son arrivée ici, non seulement j'ai enfin quelque chose à observer, mais en plus, les observations que j'ai fait son commentée en temps réel, puisqu'elle m'explique la signification des cris et des attitudes du petit lagotriche !
Je reste une demi-heure avec eux, prenant de nombreuses notes, puis je vais poser des questions à Warren pour savoir s'il me serait possible d'aller visiter la réserve de Pacaya Simiria, et à quels frais. Il a l'air de parler de 400 sols, c'est à 100 euros, pour 3 jours. Je pense demander ce soir à ma banque de virer la somme en question sur la banque nationale du Pérou, pour que je puisse la retirer ensuite à Lagunas.
J'aurais préférer ne pas y aller toute seule mais comme aucun autre ne semble prêt à avancer les frais... Mais je ne peux pas me résoudre à vivre un mois à côté d'une des plus belles réserve du monde sans la visiter !
Après avoir reçu toutes ces informations, je prends mon courage à deux mains pour demander à Warren si je peux utiliser les batteries de la Media Luna pour brancher mon ordinateur, ce qui me simplifierai grandement la vie !
A ma grande surprise, cela ne semble lui poser aucun problème, et il m'emmène les voir. Je peux les utiliser sans difficulté, mais cela va nécessiter une sacrée organisation ! Il va me falloir appeler un motocar, qui vienne me chercher à la Media Luna car elles sont trop lourdes pour être transportées à la main. Je dois ensuite les emporter au bureau téléphonique pour les mettre à charger une nuit, ce qui me coûtera 10 sols par batterie, puis il faut les ramener. Une batterie dure 72h et j'hésite vraiment sur ce que je dois faire.
Pensive, je retourne rejoindre les autres dans la cuisine, où Adeline a fait cuire du riz avec du thon. Nous déjeunons tranquillement, profitant du soleil qui apparaît dehors, et discutant très longuement des familles de chacun.
Je devrais profiter du beau temps pour faire ma lessive, mais je suis bien là, et je préfère prendre le temps de rattraper le retard de mon journal. Je reste seule dans la cuisine à écrire, tous les autres sont partis se reposer.
Vers 16h30, il commence à tomber des cordes. Nous étions censé partir en ville vers 17h, et l'opération semble compromise tant la pluie est forte. Ce soir est la dernière soirée de Gaël et Elisabeth, et ils doivent présenter un diaporamas sur la gestion de la peste du poulet, que les agriculteurs sachent au moins pourquoi leurs élevages se contaminent, et comment l'éviter. Malheureusement, s'il pleut comme ça, il risque d'y n'y avoir personne.
De plus, le temps me contrarie personnellement car, si je ne peux partir tôt au pueblo, je n'aurais pas le temps de passer sur internet avant la présentation... et cela fait bien trois jours que je n'ai pas donné de nouvelles ! Malheureusement, il m'est impossible d'arriver en retard à la présentation puisque, Gaël et Elisabeth ne parlant pas un mot d'espagnol, c'est à moi de m'en charger !
Ce dernier point me rend un peu nerveuse, mais j'ai tant suivi leur projet qu'il paraît logique que je prenne part à sa conclusion.
A 17h30, la pluie se calme enfin, et Maxime, Justine et moi en profitons pour partir. Il nous faut être à la losa du bajio uno (le terrain de foot du premier quartier) à 18h30, et être passé par le marché dans l'intervalle. Cela semble difficilement réalisable, mais il me faut absolument demander à mon banquier de me virer des sous que je puisse retirer au Pérou et ce, au plus tôt ! Dès que nous arrivons au niveau des maisons, nous hélons un motocar. Celui-ci se fait dépasser par les piétons dans certains passages tant la pluie a rendu la route impraticable mais, globalement, nous gagnions du temps. En un quart d'heure, je règle mon problème bancaire, récupère des copies des mails que j'ai reçu pour les lire plus tard, renonce à prendre mes billets de trains pour Poitiers : je n'ai plus le temps, il est déjà 18h25 !
Justine et moi sortons et attrapons le premier motocar qui passe et, 10 minutes plus tard, nous sommes sur place. Je suis ennuyée d'arriver en retard alors qu'ils comptent sur moi, mais en fait le matériel n'est pas même pas encore complètement installé ! En fait, c'était 18h30 "à la péruvienne".
Soulagée, je profite de ce délai pour passer mon ordinateur à Warren, afin qu'il le mette à charger en arrivant chez lui.
Cela fait, je me retrouve brusquement avec un micro dans la main, et une grosse vingtaine de personnes qui me fixent... Bon, bon, bon, on respire à fond, et on y va. Connaissant la façon dont les foules écoutent ici, je ne me formalise pas que la moitié des gens regardent ailleurs, et que l'autre moitié discute entre eux. Je me concentre sur le texte, essayant de faire des phrases simples afin de ne pas faire de faute qui les rendraient incompréhensible. Globalement, je me contente de lire le diaporama en me concentrant sur ma diction, et en prenant garde à ne pas prononcer à la castillane mais bien à la péruvienne. Mais, de temps à autres, une photo nécessite un commentaire ou des explications supplémentaires, que Gaël me souffle et que je dois traduire. A un moment, il présente l'ingénieux abreuvoir qu'ils ont élaborés avec Elisabeth, et qui consiste en une petite bouteille renversée, maintenue à l'intérieur d'une plus grande. Le but est que les poules cessent de marcher dans l'eau, ce qui augmente les risque de contamination, et je me découvre étonnamment à l'aise avec le vocabulaire agricole, que je manie en fait très souvent depuis que je suis arrivée !
La présentation se finit, de mon point de vue, très vite. Et nous passons dans la foule pour demander s'il n'y a pas de question, les gens ne semblant guère pressés de prendre la parole. Quand nous finissons par comprendre que la plupart attendent simplement que Warren enclenche le documentaire qui doit suivre la projection, nous laissons tomber et décidons de rentrer.
Je sens que Gaël et Elisabeth sont un peu déçus : ils ont travaillés dur sur ce projet et ni la mairie, ni l'association des éleveurs de poules, avec qui le contact était pourtant bon, ne se sont déplacés.
Néanmoins, la perspective de la soirée crêpe promise par Gaël rassérène tout le monde, et nous rentrons d'un pas enthousiaste.
Celui-ci, bien qu'habitué à faire des crêpes, n'en a encore jamais faite au lait concentré, et il tatônne un moment avant de juger sa patte convenable. Les crêpes sont délicieuses, et tout le monde mange plus que de raison, arrosant le tout d'inca kola, de coca cola, de jus de pêche et d'un peu de rhum. On s'échange des adresses mails et des promesses de se revoir en France.
Vers 23h, Gaël et Elisabeth jugent plus sages de rentrer, et les autres décident de les accompagner pour aller refêter le départ d'Anaïs. Personnellement, je suis très fatiguée et, leur souhaitant une bonne soirée, je choisie d'aller me coucher.
Je m'endors presque instantanément.
J'ouvre soudainement les yeux dans le noir total. Je reste un moment immobile, guettant ce qui a pu me réveiller, mais il n'y a que le bruit de moteur d'un bateau qui passe sur le fleuve. Je m'apprête à me rendormir quand j'entends une espèce de grattement, de grignotement. Me rappelant la souris qui a fait son nid dans la chemise d'Anaïs, je me glisse hors de la moustiquaire, cherche mon briquet à tâtons et allume. Evidement, je ne vois rien. Mais je vais vérifier qu'il n'y a pas de trous dans ma valise, fouille un peu dedans pour m'assurer qu'aucune bestiole n'est en train de consommer mes livres, puis vérifie les sacs plastiques, les affaires d'Anaïs et sous les lits. Rien. Peut-être sont-elles dans le toit mais j'ai vraiment eu l'impression que le bruit était proche.
J'en suis là de mes réflexions quand j'entends des voix. Les autres rentrent. Intriguée, je jette un œil sur ma montre : il est 2h45, ils rentrent bien tôt.
Il me regarde descendre avec surprise, s'attendant fort logiquement à me trouver endormie, et nous descendons manger les crêpes qui restent dans la cuisine et discuter un peu autour d'un thé.
Non seulement je suis parfaitement réveillée, mais en plus je me sens parfaitement reposée ! Je participe donc activement à la conversation, qui dévie vite sur des sujets tels que "Qu'est-ce que la religion ?", "Pourquoi sommes-nous là ?" et "Quelle est notre place au sein de l'évolution ?"
Au bout d'un moment, Maxime nous fait remarquer qu'il semble faire moins sombre dehors. Un bref coup d’œil à ma montre m'apprends qu'il est 5h du matin ! Nous partons tous nous coucher aussitôt, surpris d'avoir veillé si tard. Malheureusement, je n'ai toujours pas sommeil, et je me tourne et retourne longtemps avant de m'endormir, régulièrement réveillée par le bruit des souris.

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