vendredi 8 juillet 2011

7 juillet

Premier jour à la Media-Luna, enfin ! (Prononcer Média-Louna) Les jeunes que j'ai aperçus hier dans un état de semi-concience sont : Adeline, Mathieu et une autre Adeline, en stage de BTS Gestion et Protection de la Nature ; Anaïs, une belge blonde rasta qui apprend l'artisanat à la population locale et fait de très jolis bijoux ( je vous en rapporterai sans doute quelque uns) et enfin Maxime, grand brun frisé aux yeux très bleus, qui fait un stage de six mois pour boucler son master d'écologie.
Du fait de l'heure tardive à laquelle je suis arrivée la veille, j'ai une dérogation et je peux dormir jusqu'à 7h30 ! Malgré l'envie que j'en ai, je renonce à prendre une douche devant sa température, et décide de reporter l'opération à la midi journée, quand le soleil aura un peu chauffé l'eau des tuyaux.
Premier petit-déjeuner à la Media-Luna, pendant lequel un employé vient enfin récupérer la caisse du singe pour le mettre avec les autres : en tout, il y sera resté plus de 72 heures !
Le pain est infect, et je me concentre sur le goût de la confiture... de fraise encore ! Je pense qu'il doit y avoir des accord entre le gouvernement et les producteurs car c'est une marque unique qui semble avoir inondé l'intégralité du marcher avec un seul produit...
La matinée s'écoule tranquillement sans que personne ne semble faire grand chose et j'en profite pour aller réorganiser mes affaires. Maxime m'a en effet appris que les singes parvenaient à entrer par le toit et qu'ils avaient notamment mangé le passeport d'Anaïs, qui partage ma chambre. Comme je ne peux néanmoins pas tout garder dans la valise, ce qui serait horriblement peu pratique, je sors l'intégralité de son contenu, réorganise le matériel, mets mes chaussures dans un sac plastique, mes sous-vêtements dans un autre et, enfin, je me sers de mon hamac comme baluchon pour mes vêtements avant de le nouer avec ses cordes et de le planquer sous le lit. La moitié de mes affaires sont donc emballées sous le lit et l'autre enfermée dans ma valise. A priori, peu de chance que les singes viennent les y chercher, d'autant plus qu'Anaïs ne semble pas s'être souciée des même précautions. Je remarque soudain des tâches blanches par terre. Je me fige, car Maxime m'a expliqué que ce genre de tâches étaient des excréments de boa, et qu'on en trouvait quand ceux-ci se cachait dans le toit. Inquiète, je cherche un moment, avant d'être prise d'un doute. Je reviens les observer de plus près, les renifle un peu, et constate qu'il s'agit évidemment de projections de l'anti-moustique dont je me suis enduite, peu de temps avant, à cet endroit.
Remise de mes émotions, je descends rejoindre Maxime, qui m'a proposé de l'accompagner pour faire la classe aux enfants du village. Arrivé ici depuis le mois de Mars, il s'est arrangé avec un charpentier pour qu'il lui confectionne des poubelles en bois. Un peintre a ensuite accepté d'y esquisser des contours et, aujourd'hui, les enfants du villages vont pouvoir les peindre. Le but est d'installer ces poubelles un peu partout dans le village pour que les gens perdent l'habitude de jeter leurs déchets n'importe où, la mairie ayant promis de s'assurer du ramassage régulier des ordures.
Comme tout le monde ne peut pas peindre en même temps, je suis charger d'occuper les autres avec un jeu de société sur le cycle de l'eau. Opération difficile quand on manque de vocabulaire : à la question qu'est-ce que une "sequia" j'ai bien faillit répondre aussi, je ne sais pas ! Heureusement, Maxime m'a bien aidé, et le dictionnaire de Juliette encore plus.
Après avoir peint le bananier qui orne l'avant de la poubelle, les garçons sont allés jouer au foot, et les filles au volet, avec un ballon de basket et un terrain dont les lignes et le filet sont des traits sur le sol. Je me joins à elles jusqu'à ce qu'un professeur siffle la fin de la journée, à midi et demi.
Nous repartons avec Mathieu et Adeline, qui sont venus nous rejoindre et, en chemin, nous croisons Anaïs et Adeline qui nous annoncent qu'elles sont trop fatiguées pour cuisiner, et qu'elles vont chercher des menus pour tout le monde.
Nous faisons du thé en les attendant, et je découvre le fameux dossier qu'on aurait du me remettre à mon arrivée et que je n'ai jamais vu. Maxime me dit que ça ne l'intéresse qu'à moitié, et que je peux prendre le sien si je veux, ce que je m'empresse d'accepter.
Au déjeuner, plat typiquement péruvien : banane verte cuite (goût de pomme de terre), riz et poulet.
Je profite de la pause d'après-déjeuner pour aller prendre une douche dont, effectivement, les 25 premières secondes sont presque chaude. L'eau n'est pas glacée, mais elle froide à la limite du supportable, et je l'abrège au plus vite. Le début d'après-midi est assez tranquille. Je fais le tour de la Media-Luna : nos habitations sont des petites cabanes en bois sans électricité, mais couturées de moustiquaires. Pour la cuisine, nous avons un réchaud au gaz. Évidement, pas de frigidaire, mais e grandes boîtes en plastiques pour stocker ce qui est conservable par cette chaleur.
Derrière les cabanes, de grandes cages pour les lagotriches, et de plus petites pour les perroquets et les toucans, je prends de nombreuses photos dont je doute de pouvoir vous faire profiter avant mon retour... Des petites perruches vertes, de grands aras bleus et jaunes, et d'autres encore, de toutes les couleurs, mangent tranquillement à moins d'un mètre de moi. Le soigneur me propose de l'accompagner dans la cage, et je peux les voir d'encore plus près, malgré les manœuvres d'intimidation d'un grand ara rouge, qui se gonfle de colère.
Je discute un moment avec le soigneur, qui s'appelle Nilo, et il me dit que Warren m'expliquera quelle est ma mission demain matin. Après l'avoir regardé nourrir, les oiseaux, dont les Holà ! permanents ne cessent de me faire croire que quelqu'un arrive, je retourne dans ma chambre finir de vous raconter tout ça. De ma chambre, je vois des aras et des colibris dans les arbres, et des singes dans la pelouses profitent des derniers rayons du soleil. Les autres sont partis en ville. Ils m'ont très gentiment proposé de les accompagner au cyber-café mais, comme je n'ai pas fini de vous écrire, ce serait dommage que j'y aille pour n'avoir rien à vous envoyer, d'autant plus que les deux jours précédents sont encore au format papier, et qu'il va me falloir les reprendre à l'ordinateur avant qu'il ne fasse trop noir.
Vers 18h30, la nuit tombe, et même si mon ordinateur brille, j'ai du mal à voir le clavier, et il m'est impossible de recopier les notes que j'ai prises sur les deux jours précédents. Ne trouvant pas de bougie dans la cuisine, je renonce et décide d'aller rejoindre les autres au village.
Lampe torche en main, je m'avance dans l'obscurité du chemin qui mène à Laguna. Il y a bien vingt minutes de marche avant les premières maisons, et le chemin n'est pas très visible, mais je remonte régulièrement ma lampe à la manivelle afin de mieux y voir. Soudain, un claquement sec : la poignée vient de me rester dans la main. Comme la nuit est claire, je décide d'économiser ma lumière, et je range la poignée et la lampe dans ma poche. Les étoiles et la lune me permettent d'éviter les trous dans la chaussée.
Je finis par parvenir au village, et m'aperçois que je suis partie inconsidérément. Je n'ai pas la moindre idée d'où ils peuvent être. Me souvenant qu'ils avaient parler d'aller boire un coup, je demande aux gens où il est possible de prendre un verre. Et on m'indique la Luz verde, et la Cagna Brava, qui sont des discothèques. Je marche longuement. Je demande régulièrement mon chemin, et je finis par arrivée à la luz verde, où il n'y a absolument personne. Je m’apprête à faire demi-tour quand l'une des petites filles à qui j'ai demandé ma route vient me voir en me disant qu'elle a vu Anaïs. Celle-ci rend visite à un ami du village, et elle m'explique que les autres sont à l'hôtel Samiria. Elle m'indique la direction globale, et je reprends ma route.
Au bout d'un moment, je redemande mon chemin à une mère et ses deux filles. Je dois avoir l'air complètement perdue car la jeune femme demande à son enfant de bien vouloir m'accompagner pour que je ne me perde plus. Je la remercie mille fois et, grâce à Millie, finis par trouver le Samiria, à 20 bonnes minutes de marche de là où j'étais.
A la réception, personne. Nous entrons dans l'hôtel, nous appelons, personne. Découragée je finis par ressortir en me disant que je vais rentrer à la Media Luna quand j'entends appeler derrière moi. A 20 mètres de l'hôtel, Matthieu me fait des grands signes. En fait, ils étaient encore au cyber-café.
Soulagée, je vais m'asseoir avec eux, et je mange des espèces de petits gâteaux secs pendant que des gamines m'apprennent une comptine péruvienne. Je remercie beaucoup Millie, et lui glisse un sol dans la main, toute la monnaie qu'il me reste.
Peu de temps après, Adeline 1 a fini d'utiliser l'ordinateur, et nous allons boire un coup chez un ami à eux, juste en face. Quelque bière plus tard, nous sifflons un mobyletta, qui nous rapproche considérablement, mais refuse de nous déposer à la Media Luna, car le chemin est trop mauvais.
Nous rentrons dans le noir et, à peine arrivés, Matthieu nous fait des pattes, et Adeline des crêpes.
Épuisée par ma soirée, je prends congé, et m'endors à peine allongée.

Comme vous le constatez, tout se passe bien, j'espère juste que j'aurai bientôt quelque chose de plus consistant à faire ! Enfin, vous me connaissez, si on ne me donne pas un projet particulier, je m'en trouverai bien un toute seule !
Je vous embrasse très fort, et je regrette de ne pas avoir pu vous emmener pour que vous puissiez partager tout ça avec moi !

1 commentaire:

  1. Aventurière hors pair ! ^^
    J'aurais du me glisser dans la soute à bagage, ou dans une cage marquée "singe" dessus ... je suis sûre que j'aurais fait fureur ! :p
    De mon côté, les Nereis sont toujours des petits monstres. J'espère que j'aurais des données qui soient bonnes.
    Comme projet, tu pourras toujours essayer de faire un élevage de fourmi pour étudier leur comportement puis les marquer et tout ça, hein ? ;)

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