Encore un départ de prévu ce matin... J'avoue que je fatigue un peu d'être sans cesse en mouvement ! Le taxi n'arrive qu'à 9h30 mais, réveillée depuis 6h, j'ai largement le temps de me préparer, de ranger, et de mettre le blog à jour.
J'essaie d'ajouter des photos aux textes déjà présents, mais le temps de chargement est si long que je doute de pouvoir renouveler l'opération à Laguna, le réseau y étant sans doute encore pire !
Blanca me donne les instructions pour que je puisse m'occuper correctement du Lagotriche, ainsi que les papiers attestant de la légalité du transport de cette espèce protégée.
A 9h30, un mobyletta (c'est ainsi que s'appelle les pousse-pousse-mobylettes) attend devant la porte, et nous emmène à la station de taxi de Moyobamba. Là, j'attends que le taxi de Tarapoto se remplisse et, une demi-heure plus tard, je suis repartie pour deux heures de route.
Habituée à la conduite péruvienne, je ne sourcille même plus quand nous dépassons à plus de 100 km/h des panneaux de limitation à 40.
Arrivée à Tarapoto, je change de taxi et celui-ci part directement à l'aéroport, afin d'aller y chercher deux nouveaux écovolontaires, qui arrivent de Lima à 12h. A l'aéroport, nous apprenons sans surprise que l'avion a une heure de retard. Je descends la cage du Lagotriche du taxi pour éviter qu'il ne grille au soleil, et deviens ainsi le centre d'attention des quelques personnes qui attendent devant l'aéroport. Un homme m'explique même qu'il en a un pareil chez lui, j'hésite demander son nom et son adresse à cet heureux propriétaire d'une espèce strictement protégée.
L'avion finit par arriver, et je rencontre alors Élisabeth, petite blonde alsacienne dynamique, et Gaël, son petit ami breton, un grand brun aux cheveux longs et à la carrure imposante. Tous deux sont étudiants-vétérinaires à Alfort, et je retrouve, non sans plaisir, la joie de communiquer sans barrière linguistique. Tous les deux ayant néanmoins pris Allemand comme seconde langue, je me retrouve traductrice officielle alors que j'ai toujours eu du mal à attraper la moyenne en espagnol.
Je dois néanmoins admettre que mes cinq premiers jours en solo m'ont donné confiance en moi quand à mes capacités à comprendre et à me faire comprendre dan cette langue.
De l'aéroport de Tarapoto, nous repartons donc pour Yurimagua, à trois bonnes heures de route. Notres trajet est encore allongé par les travaux de déblaiement qui bloquent le passage. Apparemment, les pluies de la veille ont provoqué d'importantes coulées de boue.
Ceci mi à part, et pour la première fois depuis que je suis là, il fait vraiment beau, et j'en profite pour multiplier les photos.
Le long de la route, les gens étalent de large bâches, sur lesquelles il ratissent des graines, sans doute pour les faire sécher au soleil. Régulièrement, mais sans que jamais j'ai le temps de prendre une photo, nous croisons les panneaux : "Peru es un pais libro de analphabetismo". En effet, Blanca m'a expliqué qu'une vaste campagne d'alphabetisation de la population, et notamment des adultes, avait été entreprise dans tout le pays. Sur la route, nous croisons fréquemment des enfants portant des cartables, et des écoles peintes de couleurs vives. Apparemment, le concept est très bien installé pour les enfants.
Nous finissons par arriver à Yurimagua vers 16h, affamés de n'avoir pas eu le temps de déjeuner. A l'hôtel, j'installe le singe dans ma chambre, et lui donne à boire à l'aide d'une seringue dépourvue d'aiguille. Vu son enthousiasme, il était plus que temps. Je lui donne à manger à travers les barreaux, puis le voyant apaisé, repose la couverture par dessus pour qu'il dorme.
Je suis vraiment impressionnée par le calme dont il fait preuve après plus de 24h passées dans cette boîte.
Elisabeth et Gaël me rejoignent, mais ce dernier ne peut approcher de la caisse, car le singe pousse des hurlements terrifiés.
Au moment où nos allons sortir dîner, la réceptionniste vient nous voir et m'explique qu'elle n'a pas le compte. Après plus de vingt minutes d'explications confuses, je finis par comprendre qu'elle nous a rendu 50 soles quand elle aurait dû nous en rendre 20. Ce problème réglé, elle m'assure que les restaurants seront ouvert bien qu'il soit 17h passé.
Nous prenons un mobiletta, et découvrons ainsi que le premier restaurant conseillé par Blanca est fermé. N'ayant pas mangé depuis le petit-déjeuner, nous ne nous laissons pas décourager et, sur confirmation du taxi que le prochain sera ouvert, nous nous rendons à l'hôtel Noranjo.
Après avoir payé le taxi, qui commençait à me faire des avances assez lourdes, nous entrons dans l'hôtel. Là on nous annonce que, bien entendu, le restaurant ne sert pas avant 19h.
Desoeuvrés, nous en profitons pour aller acheter des hamacs au marché voisin. A 25 soles pièce, nous supposons que le vendeur nous prend pour des pigeons, et nous partons comparer les tarifs. Mais très vite, la scène se répète. Nous finissons par nous arrêter devant un magasin où les couleurs sont un peu plus jolies, et Elisabeth commence à négocier férocement. Mais la vendeuse ne lâche rien, et ce n'est qu'alors que nous allions renoncer qu'elle descend à 55 soles pour les deux (un deux places pour eux, un solo pour moi).
Cela fait, nous commençons à marcher au hasard dans la ville. L'heure qui suit nous permet ainsi de découvrir les vues sur le fleuve, la petite église, et la place de la ville, étonnamment familière avec ses bancs et sa fontaine.
Encore une heure à tuer. Nous allons acheter de l'eau minérale, et nous ravisant au moment de partir, nous prenons aussi de l'Inca Cola et du Guaracha, des boissons à l'allure particulièrement chimiques mais sûrement introuvable ailleurs.
Nous passons la demi-heure suivante à siroter et bavarder sur un banc. Puis nous marchons tranquillement jusqu'au restaurant, où nous goûtons au poisson local, qui est délicieux malgré la couleur du fleuve dont il vient.
Ici, les bananes vertes sont utilisées comme des pommes de terre, et elles ont un goût très semblable : on en fait même des chips !
Je découvre également la bière locale, au goût peu prononcé et à l'arrière goût absent : j'ai l'impression de boire une eau gazeuse aromatisée. Bien qu'aucun degré d'alcool ne soit indiqué, elle doit être plus forte qu'elle n'en a l'air car j'ai très vite ressenti son effet.
Fatigués mais repus, nous sommes rentrés à pied à l'hôtel Lucy. Je pensais que le singe allait m'empêcher de dormir, mais il fut très calme, et mes réveils fréquents ne furent dû qu'à mon angoisse de louper le bateau, angoisse totalement injustifiée comme vous le lirez bientôt.
Par contre, j'ai pu constater que j'avais très probablement oublié mon imperméable dans la taxi de Tarapoto ! En même temps, depuis le temps que je pose mes affaires, que je les reprends, que je me déplace sans cesse, il était curieux que je n'ai encore rien perdu. Maintenant que c'est fait, espérons que j'ai rempli mon quota... et qu'ils vendent des K-way à la Media Luna !
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