samedi 2 juillet 2011

2 juillet 2011


Réveillée depuis environ 4h du matin - 11h en France, je suppose que je suis encore un peu décalée. J'arrive à commander, dans un espagnol approximatif, un petit déjeuner qui m'est servi dans ma chambre. La salade de fruit et le jus d'orange ont l'air très bon mais, prudente, je préfère manger des tartines de confiture de fraise en pensant à Louise. Le petit déjeuner fini, il me reste une bonne demi-heure avant 7h, rendez-vous que j'ai convenu avec le taxi pour partir à l'aéroport. Je prends brusquement conscience que je suis toute seule à l'autre bout du monde. Bizarrement, c'est assez grisant comme sentiment. Pouvoir se retrouver à l'autre bout de la planète, du jour au lendemain, en restant assis. Je me sens subitement si enthousiaste que je n'ai plus peur du tout.
A 7h, je suis dans le hall de l'hôtel. Évidement, le taxi n'est pas là, je râle un peu à la réception et, à et quart, un taxi de remplacement arrive. Le chauffeur est sympathique mais, quand je lui annonce que le trajet est déjà payé, il a une espèce de petit rire qui ne me rassure qu'à moitié. Je passe le trajet dans mon dictionnaire d'espagnol (merci Juliette, il est très bien) à préparer mon argumentation au cas où il voudrait que je le repaye en arrivant. Mais en fait non, c'est juste quelqu'un qui aime bien rire: il bavarde beaucoup durant le trajet et me dépose devant l'aéroport sans aucun problème
Comme il n'y a quasiment pas de circulation avant 8h, je suis à l'aéroport à 7h45 : mon avion part à 9h50, je suis très large. Sauf que, en prenant mon ticket d'embarquement à la borne, je constate que l'heure de départ indiquée dessus est 8h25. Je vais à la réception pour protester que ce n'est pas mon vol et, après dix minutes d'espagnol inarticulé, je finis par comprendre que c'est le seul vol qui part à Tarapoto aujourd'hui. Je reconnais avoir légèrement paniqué. Pour être plus exacte, j'étais dans un tel état que le personnel m'a fait griller toutes les files d'attentes et que je me suis retrouvée dans l'avion un quart d'heure plus tard, c'est à dire 20 minutes avant le départ. Seul dommage à déplorer : je pense que je me suis légèrement claquée la cuisse, car on ne court pas sans échauffement avec une valise de 21,3kg.
L'avion est à moitié vide, apparemment je ne suis pas la seule à ne pas avoir été avertie du changement de programme. J'espère juste qu'Hélène Collongue n'a pas loupé l'avion...
Arrivée à Tarapoto, évidement il n'y a personne. Premier réflexe : appeler au secours Papo et Manou pour récupérer le numéro du centre, mais eux non plus ne l'ont pas. Finalement, je pense à regarder ma convention de stage sur laquelle il se trouve effectivement. Dix minutes après, le taxi est là. Je me prépare à deux heures de voyage au milieu de nul part, mais il s'arrête au bout de dix minutes seulement... à la station des taxis. Au bout d'un moment, voyant qu'il n'a pas l'air de faire grand-chose, je lui demande pourquoi nous ne repartons pas. Il m'explique qu'il ne voyage pas à vide et que nous partirons quand le taxi sera plein de gens voulant tous aller au même endroit... Une demi-heure après, et trois personnes de plus à l'arrière, on peut repartir !
Je partage les deux heures jusqu'à Moyamba entre le spectacle d'impressionnantes colonnes de vautours qui tournent dans le ciel au dessus de la forêt, et une sidération croissante pour la façon de conduire de mon chauffeur. Il double par la gauche, par la droite, dans les virages comme dans les pentes, écoutant à fond un CD de musique sud-américaine... qui s'avère être un remix de Michael Jackson avec des maracas, un banjo et une trompette.
Arrivée à Moyamba, je suis accueillie (en espagnol) par Daniel, qui a la gentillesse de m'avancer le prix du taxi qui refuse les dollars. Puis par Blanca (toujours en espagnol) qui me confirme que oui ! Il y a du wifi ici ! Elle m'explique aussi qu'au Pérou, on distingue les horaires "à l'européenne" de ceux "à la péruvienne", comprenez que dans le deuxième cas, il faut compter entre une demi-heure et une heure et demi de retard.
Par ailleurs, elle m'apprends que les horaires des avions sont extrêmement variables car ils s'adaptent au rythme des pluies, et qu'il faut toujours les vérifier la veille du départ car un vol peut aussi bien être avancé que retardé.
La ville de Moyamba est très grande, mais elle fait très village pour des yeux européens: aucun immeuble, que des maisons de plein pied, et toutes les routes, ou presque, sont en terre, et donc terriblement boueuses et creusées de nids de poules. Elles sont sillonnées par des espèces de pousse-pousse-mobilettes, qui emportent n'importe qui n'importe où en ville pour un demi sol (environ dix centimes d'euros). C'est rigolo au début mais on est vraiment très secoué, et puis la bâche qui protège le conducteur de la boue remonte si haut devant ses yeux qu'on se demande s'il voit vraiment où il va...
Depuis que je suis arrivée, il pleut environ cinq minutes tous les quart d'heure, une pluie fine à laquelle personne ne fait attention. La température est nettement plus chaude qu'à Lima, où il ne faisait que 20°C, mais reste très supportable en T-shirt... bien que tout le monde passe son temps à me demander si, vraiment, je n'ai pas froid, parce que bon, c'est l'hiver quand même, et il fait pas loin de 25°C, je vais finir par attraper froid. C'est ce qu'on appelle un choc culturel...
Suite à un petit problème technique, apparemment mon seul chauffe-eau sera une bouilloire, parce que d'habitude y a de l'eau chaude, mais là non...
Pas bien grave, il fait suffisamment chaud pour que ça passe, et nous repartirons pour Tarangue demain matin de toutes façons. On reste là-bas jusqu'à mardi, puis on repasse à Tarapoto récupérer quatre étudiants-vétérinaires français avant de partir pour la Media Luna, réserve où se trouvent les atèles, et les dauphins roses !
En attendant, quartier libre pour la soirée : j'en profite pour me connecter à internet et vous faire enfin parvenir de mes nouvelles ! (Et regarder Shrek en espagnol)
La maison de Blanca
La vue depuis ma chambre
La cabane au fond du jardin dans laquelle je dors


7 commentaires:

  1. On attend avec impatience la suite des aventures de "Pauline au Pérou", ça se lit comme un roman avec rebondissements et péripéties diverses. J'espère que tu auras le courage de le tenir tous les jours, ça te fera un beau souvenir au retour... Pense à ajouter des photos dès que tu peux. Profite bien de ton séjour. Bisous.
    Alain et Marine

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  2. Salut ma grande! Je découvre avec plaisir l'existence du blog et je suis heureuse d'avoir par ce moyen de tes nouvelles! Je ne pense pas avoir le temps ni le courage de faire de même depuis l'angleterre mais j'essayerai de suivre toujours tes aventures :)
    des bisous

    Louise

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  3. Bravo Pauline pour ta plume et ta verve. Nous attendons l'épisode du jour avec impatience. affectueusement. Maman

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  4. Je voulais tant te souhaiter bon courage pour ton voyage le jour J, mais je me suis endormie comme une nouille ...
    Tu pourrais en écrire un roman tu sais, tu es toujours aussi impressionnante :)
    Enfin, tout ça me rassure ! Profites-en bien, j'ai hâte de lire la suite !
    Stella

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  5. Quel dépaysement, bon courage, ça à l'air sympa. Continu de donner des nouvelles. Bisous.
    Julie :) (les fourmis vivent toujours héhé)

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  6. Punaise, j'avais même pas vu ces photos ! C'est fou ce que c'est dépaysant, et paradisiaque ^^

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  7. Super bien rédigé :) mais je t'en veux toujours ^^

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