Merci beaucoup pour tous vos commentaires, qui m'ont fait très plaisir et m'incitent à continuer... mais il semblerait que suite à un problème technique, il ne soit plus possible d'obtenir internet à la Media Luna ! Apparemment, il y a un cybercafé à seulement 20 minutes de marche du centre mais je pense qu'il va m'être difficile de tenir à jour le blog de façon quotidienne. J'essaierai d'y aller au moins tous les trois jours mais tout le monde a l'air très sceptique sur la qualité du réseau... En dernier recours, je vous tiendrais au courant tous les deux jours (sinon les appels vont finir par coûter plus chers que le voyage) par SMS par Louise.
Je vous embrasse tous très fort et j'ai hâte de vous revoir !
Ce matin, réveil un peu difficile : j'ai rêvé toute la nuit que des fourmis se multipliaient dans ma chambre pour venir me manger. Comme quoi, les fourmis, c'est comme le chocolat, il ne faut pas en abuser... Mais je me promets tout de même que je profiterai de la dernière semaine de mon séjour à Moyobamba pour aller au restaurant de fourmis, ce sera ma revanche !
Dès le matin, et sans prendre le temps de petit-déjeuner, Daniel et moi partons dans la forêt pour voir les animaux qui sortent le matin. Le chemin est difficile : pas toujours très visible, il est boueux, irrégulier, envahi de plantes piquantes ou urticantes, et parfois même complètement barrés par des espèces de racines géantes qui montent à hauteur de hanche.
Nous entendons de nombreux oiseaux, qui semblent parfois très près, mais l'épaisseur des taillis rend impossible toute vision à distance. Soudain, Daniel se fige. Pour moi, le cri que nous venons d'entendre ne semble guère différent de ceux des oiseaux, mais mon accompagnateur me fait signe de faire silence en murmurant : "Titis..."
Le Titi des Andes est un singes endémique de la région, qui est en voie critique de disparition. Il est très difficile d'en apercevoir à l'état sauvage, et bien des écovolontaires n'ont pas eu la chance d'en voir, même sur un séjour d'une semaine. Soudain je les aperçois : ils sont quatre, au sommet d'un arbre un peu plus loin. L'un d'entre porte un petit contre son ventre. Nous avançons en multipliant les précautions mais, très vite, des cris aigus nous informent que nous sommes repérés. La femelle s'enfuit tandis que le mâle pousse des grands cris et prend des postures menaçantes à notre encontre. Les deux autres semblent s'être évanouis dans la nature.
Un peu plus loin, deuxième rencontre inattendue : deux tamarins imposants, d'une couleur orange dorée, accompagnés de trois petits noirs à la face couronnée de poils blancs. Je pense que ce sont deux espèces différentes mais mon espagnol bancal ne me permet pas d'en être certaine. De loin, on dirait vraiment des écureuils : ils jouent dans les branches en se laissant tomber sur des hauteurs impressionnantes, se rattrapant toujours au dernier moment. Là encore, nous sommes vite repérés, et ils disparaissent en un instant dans l'épaisseur de la forêt.
Pour rentrer, nous ne faisons pas demi-tour mais décrivons une large boucle dans une partie de la forêt que je n'ai pas encore vue. Celle-ci, encore plus impraticable que la première, semble néanmoins plus hospitalière : nous y croisons des cacaoyers, des citronniers, des mandariniers croulant de fruit, et des palmiers gigantesques dont le sommet est couvert de grappes de gros fruits qui doivent s'apparenter à des dattes.
Au retour, il est dix heures, et, levée depuis trois bonnes heures, j'ai vraiment très faim. De plus, il semblerait que nous ayons oublié d'emporter du pain ! Aucun problème, Daniel m'apprend à cuisiner des pancakes péruviens : 3 bananes écrasées, un œuf , un peu de farine et faire frire la patte ainsi obtenue dans l'huile. A mon avis, cette recette peut être avantageusement adaptée en remplaçant l'huile par du beurre, essayez d'ici que je revienne, vous me direz !
Après avoir bien mangé, et accueilli deux travailleurs qui viennent donner un coup de main à Daniel, nous allons nourrir les oiseaux. Leur volière est construite sur le même modèle que celle des singes, et elle abrite trois amazones et un ara militaire. Le reste de la matinée est passée à désinfecter les cages à l'aide d'un produit spécial, et à nourrir tout ce petit monde.
Au déjeuner, Daniel m'apprend qu'il a eu Hélène et Carlos au téléphone, et que ceux-ci souhaitent que je me charge du transport d'un lagotriche vers la Media Luna. Grosse responsabilité, je ne peux pas dire que je sois totalement rassurée mais bon...
Début d'après-midi, Daniel et ses deux collègues vont attraper le singe qui doit être transférer. Celui-ci a reçu un sédatif dans son dernier repas, et il est donc parfaitement sur-excité. J'ai l'impression de voir le chat quand on essaye de le mettre dans sa caisse. Les trois hommes ont une échelle et un filet, mais rien à faire, le lagotriche, se sauve, esquive habilement, se dérobe, le tout en poussant des cris aux consonances étrangement humaine. Quand finalement ils arrivent à le mettre dans le filet, l'animal fait entendre un long gémissement : on dirait vraiment un bébé qui pleure, je me sens un peu mal pour lui. Mais bon, son transfert à la Media Luna marque le début de son processus de réintroduction, donc c'est plutôt une bonne chose pour lui.
Pendant que les trois hommes se débattent pour le faire passer du filet dans la caisse de transport, je vais ranger mes affaires et vérifie que je n'ai rien oublié, avant d'aller attendre le bateau qui ne devrait pas tarder. Malheureusement, il semble réglé sur les horaires à la péruvienne et, finalement, il est quatre heure et demi quand se fait entendre le bruit du moteur. Daniel m'aide à embarquer et c'est parti pour la traversée vers Moyobamba en solitaire ! A bord du bateau, les gens sont très gentil, et l'un d'eux m'aide même à décharger la cage du singe à l'accostage.
Le taxi, que Blanca a appelé pour moi, arrive et j'ai de nouveau l'impression d'être dans un gros shaker. Sauf qu'en plus, cette fois, c'est en montée, et que le moteur de la mobylette a bien du mal à tenir. Une ou deux fois, nous repartons même en arrière tant la pente est raide. Fataliste, je me dis que ça me fera toujours un accident de la route original, mais finalement nous arrivons sans encombre chez Blanca.
Je me précipite aussitôt sur l'ordinateur, sachant que c'est sûrement la dernière fois que j'ai un vrai accès au net. Personne de connecté, j'en profite pour mettre le blog à jour, et envoyer un texto à Victor, qui se connecte 5 minutes plus tard. Visiblement, je le tire du lit. Le pauvre est complètement endormi, et j'apprends qu'en plus, il travaille le lendemain à 9h : ce sera sa première expérience d'animation aux petits débrouillards.
Après dix minutes de discussion, je le laisse donc se recoucher, et vais négocier avec Blanca pour que nous allions en ville acheter une clef 3G, qui me permettrai d'avoir accès à internet plus facilement. Elle m'explique que Carlos en avait une, et qu'il n'a jamais réussi à se connecter longtemps, et ans que cela prenne une demi heure d'explication au téléphone avec le service technique. Je vais donc devoir me contenter de l'accès du cybercafé, j'espère que ma clef USB ne va pas me lâcher...
La soirée s'achève tranquillement devant une émission dans laquelle les participants doivent gagner le droit de monter dans un bus par des épreuves. La première équipe à remplir son bus gagne un voyage en Colombie. Manifestement, ce genre de jeu est universel mais, tout de même, celui-là a des épreuves particulièrement méchantes. Une jeune fille (14 ans, je dirais) se fait même raser le crâne dans une épreuve pour avoir le droit de monter !
A 21h, épuisée et toujours un peu décalée, je vais me coucher dans la "cabane au fond du jardin", bercée par la musique à fond du bordel qui se trouve en bas de la colline, et qui couvre les bruits un peu angoissant des animaux nocturnes.
Salut!
RépondreSupprimerJe suis très impressionnée par la quantité d'animaux et d'expériences que tu as déjà accumulé depuis ton départ!
J'espère que tu ne laisseras pas le mal du pays t'envahir que ca ne gâche pas ton plaisir.
Ici je pense bien à toi.
Des Bisous
Lou
ps: je ne pense pas que je sois la meilleure personne a qui envoyer les sms puisqu'à partir de dimanche je serai en angleterre. Joint plutôt quelqu'un d'autre si possible :/
du pankake a la banane ? O.O j'ai toujours su que le pérou était une terre de sagesse, mais là ca dépasse toute espérance. Profite bien !
RépondreSupprimerTu me fais regretter de ne pas y être allée avec toi. Mais j'y pense.
RépondreSupprimerEn rentrant, je pense que tu pourras largement te vanter auprès de Fordon Harris ! Et faudrait aussi que tu m'aides à exterminer les moustiques femelles ... 10 piqûres en 1 nuit ! (Je l'ai eu ce soir ha ha ha)
Au fait, les autres partent aux USA demain.
En route pour de nouvelles aventures !
Gros bisous
j'ai vu avant de partie à Bajus que t'as commencé un journal de bord sur internet. C'est vraiment super de pouvoir lire tes aventures surtout que t'écris bien, on s'y croirait vraiment, et je suis de plus en plus dégouté d'avoir pris Allemand au lieu d'Espagnol. Mais peut etre l'année prochaine je vais me trouver un stage comme celui ci. J'espère que tu pourras donner des nouvelles assez régulièrement pour suivre tes palpitantes aventures :)
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